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Les enjeux de la biodiversité

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En 1992, à Rio, lors d’un sommet de la terre qui a fait date, trois conventions internationales ont été signées. L’une d’elles, concernant la biodiversité, a fait entrer le terme dans le langage courant et a mis la question dans tous les agendas politiques. Vingt ans plus tard, alors qu’un nouveau sommet de la terre se tient au Brésil, que reste-t-il de la biodiversité ?

Une récente étude de la Commission européenne montre que seules 34 % des personnes interrogées savent ce qu’est la biodiversité, et qu’à peine 15 % se sentent concernées par le sujet. En clair, deux tiers des citoyens européens n’ont aucune idée des évolutions de la nature autour de nous, et de leur impact sur nos vies. Pourtant, depuis 1970, la perte de la biodiversité s’élève à 30 %. Un chiffre qui monte à 60 % dans les zones tropicales.

Comme tous les pays ayant signé la Convention sur la Diversité Biologique (CDB), adoptée lors du sommet de Rio en 1992, la Belgique a désigné un Point Focal pour la Biodiversité. Rattaché à l’Institut royal des sciences naturelles de Belgique, il coordonne la mise en œuvre de la CDB. Marc Peeters, un des collaborateurs de ce Point Focal, nous rappelle ce que recouvre le terme biodiversité : “La biodiversité existe à trois niveaux. Il y a bien sûr le niveau des espèces, le plus connu, mais aussi le niveau des écosystèmes et enfin le niveau de la diversité génétique, c’est à dire la variabilité entre les individus d’une même espèce et entre les espèces elles-mêmes. Ce sont ces trois niveaux qui sont à préserver et nous avons tous un rôle à jouer, pour chacun d’entre eux.”

Une diversité au service des hommes

Mais au fait, pourquoi faut-il préserver cette biodiversité ? On pourrait, après tout, voir dans la disparition de certaines espèces une forme de sélection naturelle. Ce serait oublier que les causes principales de disparition de la biodiversité sont multiples : perte d’habitats et fragmentation des écosystèmes, surexploitation, pollution, réchauffement climatique et propagation des espèces invasives. Dans tous les cas, l’homme a une grande part de responsabilité. Qui dit modification du climat, dit déplacements des espèces, perturbation des migrations et des écosystèmes. “Chaque année, nous consommons 50 % de plus que ce que la terre peut régénérer en 1 an”, souligne Gwendoline Viatour du WWF. “Si l’on ajoute à cela la perte de la biodiversité, on comprend que nous allons vers un épuisement de notre planète. La biodiversité, c’est, avant toute chose, une série de services écosystémiques, dont nous bénéficions et dont nous avons besoin. On peut les classer en quatre grandes catégories. Il y a les services d’approvisionnement, puisque la nature nous fournit des matières premières ; des services de régulation, comme l’absorption du CO2 par les forêts ; des services de support - qui recoupent parfois les services de régulation - qui servent à la production de tous les autres services, comme le cycle de l’eau ou la formation/rétention du sol ; et enfin des services culturels et sociaux, qui vont de l’offre d’emploi aux valeurs esthétiques ou éducatives.”

Cette notion de services, dits écosystémiques, est notamment au cœur des travaux pour la biodiversité au fédéral. Sabine Wallens, experte biodiversité à la DG Environnement du SPF Santé publique, Sécurité de la Chaîne alimentaire et Environnement : “C’est une notion forte, qui touche tout le monde et qui véhicule un message positif. Il faut montrer qu’il y a des opportunités, y compris économiques, liées à la préservation de la biodiversité. Pour certaines entreprises, celles qui vendent de l’eau minérale par exemple, cela paraît évident. L’eau minérale doit sa qualité et sa richesse en minéraux grâce à la biodiversité et aux écosystèmes. Mais il y a des avantages dans tous les secteurs. Chacun a son rôle à jouer et des bénéfices à tirer de la biodiversité.”

Parler d’une même voix

La DG environnement a lancé, dans cette optique, une étude pour certains secteurs économiques sélectionnés et organisera en juin une rencontre avec des entreprises. “Nous voulons voir avec ces entreprises et les fédérations quelles actions sont possibles. Nous voulons les mobiliser et, de manière participative, trouver avec elles des solutions”, ajoute Sabine Wallens.

En collaboration avec le Point Focal, une série de formations sur la biodiversité et les services écosystémiques a également été mise en place. “C’est la continuation logique du plan fédéral pour l’intégration de la biodiversité. D’avril à septembre, ces formations s’adressent à différents services publics : le transport par rail, le transport maritime, le réseau fédéral EMAS (le système européen d’audit et de management environnemental), le SPF Economie. L’objectif est une prise de conscience et, à terme, l’intégration par ces entités de la biodiversité dans leur travail quotidien.”

“Un des problèmes de la Belgique, en matière de biodiversité, c’est sa structure fragmentée au niveau politique”, souligne Marc Peeters. “Les problèmes sont très différents selon les zones, et la multiplicité des compétences (province, région, fédéral) ne rend pas toujours les choses faciles.” Du point de vue de la conservation, les compétences fédérales se limitent en effet au milieu marin et à l’import-export d’espèces exotiques. Le reste relève souvent de la compétence régionale. D’où l’importance du Point Focal pour créer les synergies nécessaires. “L’importation d’animaux ou de plantes est un sujet crucial”, ajoute Sabine Wallens. “Certaines espèces invasives exotiques colonisent des espaces et déséquilibrent totalement des écosystèmes. Dans son pays d’origine, un animal peut parfaitement être un vecteur de biodiversité, et en Belgique une menace.” C’est notamment le cas de certaines perruches, achetées comme animaux de compagnie puis échappées ou abandonnées dans la nature, et qui sont aujourd’hui de plus en plus nombreuses à Bruxelles. Marc Peeters : “Les gens ne comprennent pas toujours le problème des perruches. Ce sont des oiseaux qu’on imagine menacés, et comme en plus ils sont beaux … Mais ils mettent réellement en danger l’écosystème et génèrent de nombreuses nuisances.” On pourrait également citer la coccinelle asiatique, aujourd’hui interdite à la vente en Belgique (mais pas en France par exemple). Utilisée comme insecticide biologique, elle menace la survie des espèces de coccinelles indigènes. Le Point Focal a publié sur le sujet une brochure reprenant dix espèces invasives en Belgique.

Nature sans frontières

Qu’il s’agisse de perte de biodiversité due au réchauffement climatique ou aux espèces invasives, qui font aussi souvent leur apparition lorsque le climat se modifie, personne ne conteste la nécessité d’agir rapidement et collectivement. Pour le WWF, des mesures sont à prendre, tant au niveau local qu’international. “Il faut supprimer les subsides qui nuisent. Le charbon, le pétrole, la pêche et l’agriculture non durables ne doivent plus être soutenus”, insiste Gwendoline Viatour. “À Rio, une grande étape serait la reconnaissance d’une valeur économique de la biodiversité. Aujourd’hui, le PIB, qui nous sert de référence pour déterminer la richesse d’un pays, ne tient absolument pas compte des valeurs environnementales.” Un point sur lequel Marc Peeters abonde “Il faudrait que le PIB intègre la biodiversité. Et que, lorsqu’on change une pastille de nature, on en chiffre le coût.” De nombreuses ONG défendent cette position, ainsi que celle d’un renforcement institutionnel de la CDB. Sabine Wallens : “Rio ‘92 a accouché de trois conventions séparées, une sur la biodiversité, une sur le changement climatique et une sur la désertification. C’était probablement une erreur. Les problèmes sont liés, il faut des synergies. Sinon on finit par se retrouver à prendre, comme dans le cadre de l’adaptation au changement climatique, des mesures qui peuvent avoir un impact sur la biodiversité.”

“Le climat belge ne se fait pas en Belgique”, rappelle Gwendoline Viatour. “C’est la raison pour laquelle le WWF mène des actions autours d’espèces menacées, qui sont à la fois des symboles mais aussi des espèces ‘parapluie’. Elles sont la clé de voûte d’un écosystème. On retire une pièce, et tout s’effondre.” C’est le cas des abeilles, maillon essentiel de la biodiversité en Belgique, et dans le monde, par leur action de pollinisation. Même si la raison de leur disparition progressive reste incertaine, on a du mal à imaginer un monde privé de leurs bourdonnements, et des fleurs qu’elles font prospérer.

Plus d'infos :

Je donne vie à ma planète http://www.jedonnevieamaplanete.be/fr/home_10.aspx, un excellent site d’informations pour les jeunes et les moins jeunes, où l’on retrouve des jeux, des supports éducatifs à destination des écoles et des brochures très complètes. Une initiative conjointe du Point Focal et du SPF Santé publique, Sécurité de la Chaîne alimentaire et Environnement.

Le site du WWF www.wwf.be et sa version ‘kids’ http://kids.wwf.be

Faire du bruit pour le monde du silence

À l’occasion de la journée de la biodiversité, le 22 mai dernier, le SPF Santé publique, Sécurité de la Chaîne alimentaire et Environnement a lancé une campagne pour rappeler l’importance de la préservation des milieux marins. Baptisée “Où est Suzette ?” en français et “Waar is Gust?” en néerlandais, elle a été lancée au Musée des sciences naturelles par les ministres Johan Vande Lanotte et Melchior Wathelet.

www.ouestsuzette.be

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